nef planification familiale

Planification familiale : Les jeunes, cible privilégiée dans l’offre de services

En visite au Sénégal, les bailleurs de fonds du Partenariat de Ouagadougou se sont rendus à la clinique de l’ASBEF où beaucoup de jeunes bénéficient d’un encadrement en santé sexuelle de la reproduction.

Dans le cadre de leur caravane, des bailleurs de fonds du Partenariat de Ouagadougou ont visité, le 11 avril 2018, la clinique de l’ASBEF (Association Sénégalaise pour le Bien-Etre Familial). Ils ont échangé avec les responsables et les membres du programme jeune. Le chargé des relations avec les pays du Partenariat de Ouagadougou (PO), Rodrigue Ngouana, a soutenu que la jeunesse qui constitue l’essentiel de la population est une cible privilégiée en matière d’offre de services de santé de la reproduction.

« Dans les recommandations de la phase d’accélération 2016-2020 du PO, les ministres avaient demandé que les pays mettent l’accent sur les aspects à haut impact. En Afrique, environ 60 % de la population est jeune et est âgée entre 10 et 24 ans. Cette proportion va augmenter, et elle est exposée au comportement déviant, alors que les jeunes seront les parents de demain. Si on veut compter sur eux pour avoir des comportements sexuels responsables, il faut agir tôt et vite », a-t-il laissé entendre.

Auparavant, l’ASBEF a présenté sa politique pour mieux atteindre la cible jeune en offrant des services d’information de qualité en santé sexuelle et reproductive. La sage-femme de la clinique de l’ASBEF, Ndèye Yacine Fall, a indiqué que toutes les méthodes de planification familiale se font dans la structure.

« Nous donnons des conseils aux jeunes et aux femmes en organisant des causeries », a-t-elle ajouté.

Dans ce sens, pour l’année 2017, 1.558 jeunes ont été touchés pour les pilules et plus de 5.000 pour les méthodes injectables dans le cadre d’une distribution à base communautaire. 700.000 condoms ont également été distribués par l’ASBEF en 2017.

« Les adolescents fréquentent beaucoup notre structure, car il y a la confidentialité. On discute avec eux, on leur donne des conseils sans les juger. Les jeunes aiment cette approche et se sentent à l’aise », a confessé Mme Fall.

D’une manière générale, l’Asbef a permis l’autonomisation de 580.112 jeunes pour la promotion des Droits en santé sexuelle et reproductive (Dssr). Le directeur des programmes de l’ASBEF, Moussa Mané, a précisé que leur structure offre des services à différents niveaux (demande et sensibilisation, mais aussi au niveau du plaidoyer).

« Nous avons un Mouvement d’action des jeunes. Ces derniers s’engagent et vont dans les communautés partager les informations, sensibiliser les populations. 38 % de nos services sont offerts à la cible jeune. Si le Sénégal veut capturer le dividende démographique, il est nécessaire de prendre en charge cette question de la santé de la reproduction des adolescents », a-t-il souligné.

produits contraceptifs

L’ASBEF pour la sécurisation des produits contraceptifs

L’Association sénégalaise pour le bien-être familial (ASBEF) déroule un projet de plaidoyer visant à appuyer le ministère de la Santé et de l’Action sociale dans la mise en œuvre effective de son plan de sécurisation des produits contraceptifs surtout en ce qui concerne la contraception d’urgence (CU), le préservatif féminin et les implants.

Il s’agit, à travers ce projet, ‘’d’identifier les meilleures stratégies pour faire la promotion de ces trois produits contraceptifs’’, a expliqué la coordonnatrice du projet à l’ASBEF, Aminata Dior Ndiaye, lors d’une rencontre, mercredi, avec des partenaires à la Direction de la Santé de la reproduction et de la survie de l’enfant (DSRSE).

‘’Les préservatifs féminins, la contraception d’urgence et les implants sont reconnus comme des produits indispensables dans la planification familiale’’, a-t-elle expliqué.

 »C’est pourquoi les acteurs de la société civile qui travaillent dans cette dynamique pour accompagner l’Etat dans le relèvement du taux d prévalence contraceptive doivent travailler ensemble sur le même plan de plaidoyer et sur les mêmes messages pour promouvoir l’utilisation de ces trois produits », selon Aminata Dior Ndiaye.

 »Au Sénégal, des milliers de femmes meurent chaque année à cause des conditions sanitaires qui auraient pu être améliorées facilement et à moindre coût par l’utilisation de produits tels que la CU, les préservatifs féminins et les implants », indique l’ASBEF.

C’est pourquoi, suite aux recommandations de la commission des Nations Unies sur les produits indispensables à la santé de la mère et de l’enfant réunie en 2012, le Sénégal a intégré à son tour 13 produits contraceptifs dans son plan de sécurisation des produits indispensables à la santé de la mère et à la survie de l’enfant.

Pour le chef de la Division de la planification familiale, Dr Chimère Diaw qui a présidé la rencontre,  »il ne se pose pas de problème de disponibilité de produits contraceptifs comme les condoms féminins, mais c’est dans la faible utilisation que le problème se pose ».

Il a suggéré de partir ‘’d’une étude situationnelle pour partir d’évidences et de données afin identifier les contraintes liées à cette faiblesse dans l’utilisation des préservatifs féminins ‘’.

Chimère Diaw a également invité l’ASBEF à se rapprocher des responsables chargés de l’élaboration du plan de communication du nouveau Plan national de plaidoyer pour la planification familiale (2016-2020), pour une prise en compte de stratégies de promotion pour une meilleure utilisation de ces trois produits sous-utilisés par les femmes.

Dans le cadre de cette rencontre auprès d’acteurs de la société (religieux, médias, associations de femmes…) et d’organismes internationaux (USAID, OMS, UNFPA…), le projet financé par la Fondation Templeton a reçu une mission de deux responsables de projets similaires venus du Cameroun et du Nigeria.

Ils sont venus partager leurs expériences en matière de promotion de méthodes contraceptives.